↑ Revenir à CDAFAL 68

Imprimer ce Page

La Laïcité

La tisse le lien social qui unit la liberté de conscience et la liberté de pensée avec la vie en société.

La liberté de conscience implique le respect du pluralisme des croyances et des convictions.

La liberté de pensée se construit par la formation de l’esprit critique, l’acquisition d’outils d’analyse et de comportements qui incitent à l’examen critique de tout système de pensée.
La fait le pari de la paix et de l’émancipation par la connaissance et la reconnaissance mutuelle des différences, mais aussi par le dépassement de ces différences vers le partage et la mise en œuvre de valeurs qui permettent l’enrichissement mutuel par la vie en commun et l’accès à la citoyenneté par l’apprentissage de la vie démocratique: refus de la violence, respect des droits de l’, de la personne humaine en général et de la en particulier, lutte contre tous les racismes et les discriminations sexuelles, lutte contre les communautarismes.

L’ de la République est une laïque, celle où tous les enfants et les jeunes, quelles que soient leurs origines, les convictions religieuses ou philosophiques apprennent à vivre et travailler ensemble.
L’exigence de mixité sociale est l’expression de la à l’.

Loi du 9 décembre 2003 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat:
logo du site Légifrance voir le texte de la loi sur le site Légifrance

La du CDAFAL.

La de l’Ecole et de l’Etat, comme établis par la loi de 1905, avait fait ses preuves en assurant des décennies de paix civile à la République française.

Cependant elle gênait la propagande d’idées irrationnelles et le financement de ceux qui en font commerce. Aussi les détournements de la loi se sont faits de plus en plus nombreux et, dans le même but, la laïcité elle-même s’est vue affublée d’adjectifs tels que “ouvert” (1) voire “plurielle”.

Il nous faut donc définir la laïcité que nous défendons fidèles que nous sommes à sa loi fondatrice.

(1) La laïcité sans épithète a toujours été ouverte à tous, saisissons cependant l’occasion pour rappeler le mot de Jean Rostand: “Avoir l’esprit ouvert n’est pas l’avoir béant à toutes les sottises.”

Au cours des siècles et aujourd’hui, la démarche laïque nous apparaît comme un cheminement vers la liberté. Mais la liberté absolue n’existe pas; on ne peut que qualifier des libertés (liberté de dire, liberté de faire,…). Nous préciserons donc:

Notre démarche laïque, c’est le cheminement vers l’explosion des libertés de l’individu.

Pour nous, nul ne peut être libre au côté d’opprimés: la volonté d’élargir les libertés de l’individu s’oppose à l’individualisme.

La condition première pour aller vers cette société de l’individu où chacun sera maître de sa destinée est pour nous la liberté de pensée et son corollaire indispensable pour qu’elle ne soit pas inopérante la liberté d’expression.

L’individu doit se prendre en charge;

notre démarche consiste donc à faciliter l’expression des plus faibles, à les accompagner dans leurs actions de libération.

notre démarche laïque privilégie la liberté future de l’;

notre laïcité affirme que celle-ci ne saurait exister s’il était soumis à un conditionnement préalable.

Le long combat laïque, au travers du temps, a fait que ces valeurs sont reconnues ou tout au moins qu’on n’ose guère ouvertement les contester. Par sincérité, nécessité ou tactique…, diverses familles de pensée se sont ralliées à quelques unes de nos valeurs, tout en restant opposées à d’autres qui sont également nôtres. Or la laïcité est une philosophie globale qui ne se divise pas. On ne saurait accepter la laïcité scolaire tout en restant par ailleurs opposé aux libérations économiques et raciales; de même on ne saurait être pour ces libérations en réfutant la laïcité scolaire.

C’est un fait. Les individus ne sauraient tous penser de la même façon et avoir les mêmes opinions.

Le respect de la liberté de pensée, le respect de “l’autre” nous conduit à admettre les différences pour mieux vivre ensemble.

Mais notre laïcité n’est pas neutralité; notre conception conduit à combattre les thèses et individus qui s’opposent à nos valeurs, combat mené en excluant toute violence initiale et en utilisant les formes démocratiques.

Ce combat doit être mené, en particulier, contre ceux qui veulent imposer une certitude non scientifique, que leur théorie soit philosophique, politique ou religieuse; nous traduisons cette affirmation en disant: notre laïcité est antidogmatique.

Ce combat doit être mené pour que cesse toute influence des religions sur le pouvoir politique; nous traduisons: notre laïcité est anticléricale.

Mais chaque individu est maître de ses pensées, croire ou non en un dieu, pratiquer ou non une religion, être agnostique ou athée; notre laïcité respecte ses choix: notre laïcité n’est pas antireligieuse. Bien entendu, en dehors du CDAFAL, chacun peut légitimement chercher à convaincre que sa théorie philosophique ou religieuse est la bonne.

Notre démarche nous conduit tout naturellement à condamner toute forme dogmatique ou confessionnelle de l’Etat.

Notre laïcité est universelle mais notre appartenance à une communauté nous conduit aussi à privilégier le “combat” laïque à l’intérieur de celle-ci. Ce combat doit être global; la démarche laïque ne saurait se réduire à un seul secteur de la société.

Libérer l’individu, aller vers une société exempte de servitudes est un but ambitieux. En dépit de reculs passagers, cependant, l’histoire montre que la laïcité a progressé; notre conviction est qu’elle progressera encore: la laïcité est une valeur d’avenir.
v Pour y contribuer, notre démarche doit évidemment tenir compte du réel, mais tenir compte du réel, ce n’est pas l’accepter, c’est agir sur lui pour aller vers notre idéal, c’est parfois aussi refuser d’accepter un petit pas semblant aller dans notre sens s’il risque d’en empêcher, plus tard, un plus grand.

L’erreur est possible, notre laïcité admet ce droit à l’erreur.

Mais l’incertitude ne saurait être cause de renoncement.

Nul n’est infaillible. Il n’y a pas de Saint-Laïque. L’individu n’est pas parfait. Mais dans notre conception de la laïcité, le laïque est conscient, qu’en s’efforçant de s’appliquer à lui-même ses propres principes, il contribue à son propre changement; il travaille à son propre perfectionnement comme à celui de la société.

Accepter cette démarche est la seule condition imposée à chacun pour appartenir au CDAFAL.

Accepter cette démarche, c’est exiger que l’Etat s’y conforme.

Accepter cette démarche, c’est exiger pour chaque être, homme, , majeur ou mineur des droits propres et non des droits dérivés. C’est en particulier vrai pour l’ qui, comme tout individu n’appartient qu’à lui-même… Mais l’ n’est pas à même d’effectuer les choix assurant sa liberté future. Nul ne nie la nécessité d’une .

Trois facteurs principaux contribuent à celle-ci: la , l’environnement et l’Etat par les moyens qu’il a d’influer sur les deux premiers. Sauf à l’arracher à ses parents – mais ce serait le soumettre à d’autres – l’ en subit l’influence: volontaire ou non. Les conséquences de cette sont, du reste, difficilement prévisibles (la formation en séminaire a donné des ministres du culte mais aussi des athées antireligieux convaincus!).

Il est certes simple de dire, et nous le disons, que les parents ont des devoirs et non des droits.

Le premier devoir des parents étant, justement, de respecter la liberté de conscience de l’ et de ne pas hypothéquer ses choix futurs en le conditionnant.

Le CDAFAL affirme: l’Etat et son expression sous ses différents formes (régions, départements, communes, administrations) doivent être laïques, assurer la présence de structures indispensables (écoles, etc…) en veillant à leur caractère laïque et lorsqu’ils confient au milieu associatif la gestion de certains services veiller au caractère laïque des services gestionnaires.

Toute aide financière de l’Etat et ses structures aux organismes dogmatiques doit être supprimée!

Pour traduire dans les faits son exigence, le CDAFAL doit intervenir dans le domaine politique.

Le CDAFAL n’est pas un parti politique, n’a pas d’ambition de le devenir.

Le CDAFAL n’est cependant pas apolitique car tout est politique; il se définit organisation “de gauche”, indépendante des partis.

Sans pour autant chercher à définir la , les principes laïques le conduisent à choisir la républicaine, à rechercher la justice sociale et la plus grande égalité entre tous les citoyens.

Il ne considère pas que les élections soient le seul moyen d’exercer cette . Accorder ses suffrages à un homme, à un parti ne constitue pas un blanc-seing:

L’histoire sait que Bonaparte est devenu Napoléon.

Pour le CDAFAL, le doit contrôler ses élus.
Pour sa part, rassemblant des citoyens, non des intérêts, il considère qu’il se doit de jouer son rôle de groupe de pression pour inciter le personnel politique à tenir compte de ses inspirations et veiller au respect des engagements pris.
Il considère de son droit et de son devoir de porter, à la lumière de ses principes laïques, des jugements sur les décisions politiques qui lui semblent toucher à sa compétence. 

image_pdfimage_print

Articles relatifs

Lien Permanent pour cet article : http://cdafal68.org/mission/la-laicite/