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séminaire 2002

Présentation du Séminaire de novembre 2002 par la Présidente du

Depuis plus d’un an maintenant un collectif s’est constitué avec pour objectif la reconnaissance d’un véritable droit à la du pays d’accueil. Ce collectif regroupe des femmes et des hommes issus du mouvement associatif, du mouvement syndical et politique des femmes et des hommes d’origine très diverse. Tous ont pu se rendre compte, là où ils sont, dans leurs pratiques, leurs rencontres de la situation de marginalisation voire d’exclusion totale de celles et ceux qui parlent pas la du pays? et tous ont donc voulu faire de la reconnaissance d’un droit à la du pays d’accueil une revendication essentielle.
Le séminaire organisé aujourd’hui par la ( Fédération des Parents d’Elèves des Ecoles Publiques) et le , avec la participation de l’UNAF et du FASILD témoigne de la conscience aiguë de ces mouvements qui travaillent au plus près des familles de l’aspect intolérable de la situation faite, dans notre pays, à ceux qui ne parlent pas notre .
Il doit être rapidement mis fin à cet état de fait qui ne peut générer qu’incompréhension, exclusion, souffrance, repli sur soi, résignation ou fuite dans les attitudes extrêmes bref tout ce qui fait que la République ne joue plus son rôle et que la est menacée. Personne n’oserait contester que parler la est la condition première d’accès au monde du travail. Ceci a été reconnu très tôt: les syndicats, les associations qui travaillent en direction des immigrés, comme par exemple les AFTI, pourront témoigner ici de cette prise de conscience très rapide et incontestée de l’entreprise et des pouvoir publics.
Bien moins nombreux sont ceux par contre qui ont mis en avant le fait que la pratique de la ne permettait pas seulement l’accès au travail mais tout simplement l’accès à la vie de la cité. Comment assurer les demandes administratives les plus banales, comment assurer le suivi médical de son , son suivi scolaire? Comment accomplir les choses les plus simples de la vie au quotidien qui exigent que l’on puisse échanger avec les acteurs de la cité ou tout simplement ses voisins? Comment maintenir une certaine représentation de l’image parentale quand les parents doivent recourir aux bons offices de l’ qui lui parle la et se voit, ainsi, confier un pouvoir de médiateur? Ne faut il pas voir là l’origine de certaines dérives dont la remise en cause de l’autorité?
L’exclusion totale que vivent ces femmes et ces hommes, particulièrement les femmes d’ailleurs, n’empêche t’elle pas toute possibilité d’émergence d’un modèle parental auquel le jeune puisse rêver de s’identifier? Ne faut il pas voir là un élément pouvant expliquer en partie la violence de ceux dont on voudrait qu’ils intègrent une société qui exclut dramatiquement leurs parents.
Mais plus grave encore, la non pratique de la condamne à tout jamais l’immigré au déracinement. Quitter son pays pour des raisons économiques, politiques. Pour fuir la misère ou la guerre ou pour sauver sa vie n’a jamais été aisé. Ce déracinement, cet arrachement douloureux à la terre de ses ancêtres, à sa culture, à sa est une blessure qui ne cicatrise jamais. Celui qui vient chez nous pressé par la nécessité ou le désir de connaître des jours meilleurs doit pouvoir prendre pied, prendre racine dans notre société. Il doit pouvoir se sentir chez lui. Sans la pratique de la cela est impossible. Aujourd’hui où le Président de la République parle d’un “contrat d’”, dans lequel l’apprentissage de la langue est inclus, il est peut être indispensable de rappeler ce que nous nous attendons de l’. L’ ne se décrète pas ne s’exige pas. Elle se réalise peu à peu. Elle se réalise d’autant plus que le respect de l’autre dans ses différences est le souci premier. Elle se réalise parce qu’elle est source de bien être, espace de liberté. S’intégrer ce n’est pas s’assimiler, ce n’est pas devenir une pâle copie des autres des autres. Ce n’est pas non plus se fondre dans les autres. Ce n’est pas obligatoirement non plus engager une démarche de naturalisation. C’est rester profondément soi tout en devenant autre parce qu’enrichi, ouvert à d’autres horizons. Pour que l’ de celles et ceux qui nous rejoignent ici soit réussie, il faut que ce pays soit accueillant, tolérant. Il faut que soit vivement rejeté toute tentative d’hégémonie, tout rêve de modèle unique. Faute de respect des différences faute de cette sympathie qui donnera à celui qui arrive le désir de mieux connaître celui qui l’accueille, de mieux comprendre et partager ses valeurs il ne peut y avoir d’, pas plus qu’il ne peut y avoir d’harmonie sociale de véritable. Faute de sentiment d’appartenance au groupe il ne peut y y avoir de contrat social et donc de respect de la régle établie.
Pour partager des valeurs il faut que ces valeurs transcendent les différences, toutes les différences qu’elles soient culturelles, religieuses philosophiques. Il faut qu’elle aient un sens pour celui dont on attend qu’il les partage. Ce dont la souffre sans doute le plus aujourd’hui ce n’est pas d’absence de valeurs. Certes les valeurs universelles et incontestées voire sacrées du siècle dernier sont remises en cause, aujourd’hui mais contrairement à ce que certains racontent à l’envie, le besoin de valeurs réfèrentes est toujours très présent. C’est à la construction de ces valeurs communes, modernes parce que prenant en compte les changements, la diversité de notre société qu’il faut impérativement travailler. C’est alors que les choses pourrons prendre un sens. C’est là encore que l’immigration est une chance pour notre pays. Savoir accueillir, comprendre, donner toute leur place à ceux qui quittent leur pays pour venir vivre ici, c’est aussi être capable d’accueillir de comprendre et de donner toute leur place à ceux qui sont nés en France et qui pourtant sont exclus parce que non conformes au modèle nostalgique d’une société qui n’existe plus et fort heureusement d’ailleurs car elle était oh combien porteuse d’injustice et de discrimination. Seuls les idéologies conservatrices qui clament que tout “fout le camp” peuvent rêver d’un retour en arrière. Pour finir il convient aussi de rappeler qu’il ne peut y avoir d’ véritable s’il n’y a pas accès de plein droit à la citoyenneté et la liberté de l’exercer.
Participer pleinement à la vie de la cité c’est pouvoir y travailler, c’est pouvoir y exercer une activité syndicale, associative, c’est pouvoir communiquer à parité avec l’ensemble des acteurs de la société. C’est participer non seulement à la vie économique de la cité mais aussi à sa vie politique. Le droit de vote des immigrés aux élections locales doit faire partie du contrat d’. Leur exclusion de cette dimension de la vie est d’autant plus difficile à accepter que les membres de l’Union Européenne ont aujourd’hui ce droit. Y aurait il des degrés différents de droit entre qui ceux qui ont quitté leur pays.
C’est dans cette direction que nous devons œuvrer. Exigeons que soit donné à tous l’outil qui leur permettra de vivre chez nous, à savoir la langue, mais exigeons parallèlement que leur citoyenneté soit pleinement reconnue.

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