Imprimer ce Page

exiger la qualité…

exiger la qualité pour les formations linguistiques

Association. L’Etat reprend la main en matière d’apprentissage du français qui doit être reconnu comme un véritable droit.
Dans les années 70, l’alphabétisation fut initiée et portée essentiellement par les courants caritatifs et militants. Au delà de la , il s’agissait d’exprimer une active, quelques années après la décolonisation. C’était avant tout une affaire de militants, une question politique largement influencée par l’ populaire. La gestion des publics était clairement différenciée. L’évolution vers la formation professionnelle continue marque une étape importante. Un autre modèle se met en place, il s’accompagne d’une restructuration du secteur et, crise oblige, d’une nette inflexion en direction de l’emploi. De nouveaux financements publics sont possibles, le caractère militant subsiste, mais il cohabite dorénavant avec des formateurs professionnels. Les années de crise accentuent la tendance, la professionnalisation est en marche, rendue nécessaire par le traitement social du chômage. Pour les populations migrantes, l’accès le plus souvent hypothétique à l’emploi l’emporte sur l’aspect purement linguistique, on assiste à une véritable désectorisation et une perte de spécificité. L’immigré disparaît derrière le bas niveau de qualification, le BNQ, comme on dit…

Des projets soumis à concurrence

De toutes les réformes engagées par le FASILD ( le fonds d’action sociale créé par le Général De Gaulle en 58) qui finance “l’Alpha” depuis 4O ans, la plus significative a été celle de 1995. Il nous semble cependant qu’un élément déterminant n’a pas suffisamment été explicité, c’est le passage d’une logique de formation exclusivement régie par l’offre à la logique de commande publique. . .Pourquoi passe-t-on de l’une à l’autre? Risquons-nous à proposer une interprétation.

Nous pensons d’abord que le passage à la commande publique marque les limites et l’essoufflement du “modèle” précédent qui reposait essentiellement sur la mobilisation du tissu associatif. L’offre de formation émanait d’abord du terrain. . .

La logique de la commande publique marque bel et bien une rupture, une inversion de tendance: dorénavant, c’est l’Etat, ce sont les pouvoirs publics qui passent commande et sélectionnent les opérateurs à l’issue d’une procédure de mise en concurrence. . .

La logique de commande publique déclenche une professionnalisation de la demande et de l’offre. La commande publique est de plus en plus exigeante, elle implique une véritable obligation de résultat. Il est alors évident que seuls les organismes performants et professionnels peuvent s’adapter, faut-il le regretter? L’optique qualitative doit être à tout prix affirmée, avec elle, l’exigence de résultat. C’est la seule façon de tirer vers le haut les formations linguistiques et d’attirer les meilleurs spécialistes.

Bien sûr, toutes les associations ne peuvent pas se reconvertir, ce n’est du reste pas souhaitable. Il en est de leur rôle comme de celui du FASILD: initier et couvrir des besoins nouveaux ou non, pour que le droit commun s’en saisisse et assume pleinement ses responsabilités…

Le temps est venu que les formations linguistiques soient reconnues comme formation professionnelle à part entière, le temps est venu aussi pour qu’un réel droit à l’apprentissage de la du pays d’accueil soit consacré. Nous avons tous, tant à y gagner.

Nouredin Boubaker

retour au sommaire de ce dossier

image_pdfimage_print

Articles relatifs

Lien Permanent pour cet article : http://cdafal68.org/dossiers/pour-un-droit-a-l_apprentissage-de-la-langue-du-pays-d_accueil/exiger-la-qualite/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

merci de compléter le Captcha * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

*