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démocratiser

démocratiser l’accès au français

Apprendre le français n’est assurément pas un problème pour les non francophones de milieux sociaux culturels favorisés, il en va tout autrement pour les autres. Sans aborder ni les aspects culturels, ni la question du rapport au savoir, qui caractérisent souvent les couches sociales défavorisées, l’expérience indique que les possibilités d’apprendre relèvent de l’aléatoire et dépendent fortement de l’offre de formation présente ou non au pied de la tour ou dans le village.

Un enjeu de taille à relever
Malgré l’action des bénévoles et les efforts associatifs, l’offre de qualité demeure très largement insuffisante et inaccessible. Sans sous-estimer l’importance de l’effort personnel, nous ne sommes pas loin de penser que les obstacles à l’apprentissage de la constituent peut-être, la première des discriminations, celle, en tous cas qui interdit la possibilité d’accéder à la citoyenneté.
Ne pas connaître la constitue, à l’évidence, un grave handicap qui fragilise les personnes et les maintient en situation de dépendance et de vulnérabilité. Ne pas parler la , ne pouvoir ni communiquer, ni comprendre, c’est être désarmé et ne pas pouvoir se défendre, c’est, d’un point de vue strictement symbolique, ne pas exister.

Il nous faut collectivement prendre conscience de ces enjeux . Il nous faut comprendre que les associations et avec elles le cortège des bénévoles qui ont porté cette question et s’y sont parfois essoufflés ont, sans doute possible, de façon certes, empirique ou dispersée, contribué à l’émergence d’un besoin vital que la bonne volonté, le dévouement, la générosité ne suffisent pas à satisfaire.
Il nous faut tirer les enseignements de ce constat et réfléchir à la démocratisation de l’accès à la française pour tous. Sait-on, par exemple que les femmes sont les principales victimes de rejet de leur demande de naturalisation pour défaut d’assimilation linguistique? Elles sont près de 70% dans cette situation, les femmes originaires du Maghreb sont les plus touchées (87%) alors qu’elles résident en France depuis plus de 10 ans. Quand on connaît le rôle joué par ces femmes dans les processus d’, on ne peut qu’être interpellé. Cet amer constat donne la mesure des limites des dispositifs en place et doit nous inciter à les renforcer.

L’hypothèse d’un droit nouveau mérite alors d’être posée: celui d’un droit à part entière à une formation linguistique de qualité.

Nouredin Boubaker

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